Marie, Photographe d’accouchement

La photographie de grossesse et les séances photo de famille existent depuis des années et sont bien ancrées dans les familles. Mais aujourd’hui, la photographie sociale est bien loin des photos très normées et souvent figées que l’on pouvait voir chez les photographes grand public.

On voit de plus en plus émerger de nouveaux styles, comme la photo de famille documentaire ou de reportage! (On a d’ailleurs fait un interview à ce propos par ici avec le collectif Joyeux Bazar).

Certains photographes proposent aujourd’hui des reportages lors de moments très intimes en toute sincérité comme des reportages d’accouchement.

C’est le cas de Marie alias MDpix qui va nous parler aujourd’hui de son expérience en temps que photographe d’accouchement.

  • Peux-tu nous parler un peu de toi et de comment tu es devenue photographe ?

Je m’appelle Marie, 33 ans et maman de 2 enfants. Je suis devenue photographe juste avant de tomber enceinte de ma dernière il y a 7 ans. Une envie comme ça, d’immortaliser les instants, sans pression. J’ai lancé une page Facebook, juste pour pouvoir montrer ce que je faisais à mes amis, et comment dire …. ça a marché au delà de mes espérances.

  • Que signifie pour toi la photographie lifestyle ? et pourquoi avoir choisi de te spécialiser dans ce style photographique ?

La photographie lifestyle pour moi, c’est simplement être témoin des instants et c’est pour cela que je me suis lancée dans cette discipline et pas une autre. Je préfère être témoin de la situation et me laisser porter.

  • Tu proposes des séances photo lors de l’accouchement, comment en es-tu arrivée à proposer ce type de prestation ?

Un jour, j’ai décidé de lancer un concours Facebook pour faire gagner une séance. Mais je n’avais pas envie de faire gagner une séance lambda, alors j’ai demandé à ce qu’on m’expose un projet afin de choisir celui qui me plairait le plus …. et j’ai eu ce mail de Stéphanie …. et ça a bouleversé toute ma carrière.

  • Comment cela se passe-t-il à l’Hôpital ? Faut-il des autorisations spéciales ? Est-tu facilement acceptée ?

Stéphanie, à l’époque, voulait accoucher à domicile, mais chez nous ça ne se pratique pas vraiment. On a du se résoudre à aller à l’hôpital. C’est là que le parcours du combattant à commencé. Elle n’avait pas eu de mal à obtenir l’accord de son gynéco mais il avait bien précisé que selon la sage-femme, ce n’était pas gagné d’avance. Heureusement pour nous, on est tombé sur une perle, Sandra. Maintenant, j’ai pour « habitude » d’aller dans le même établissement (un autre que celui de Stéphanie) où l’équipe est incroyable et où je peux me rendre sans problème . La maman fait son projet de naissance et je reçois un mail de confirmation comme quoi c’est ok. Mais il ne faut pas se leurrer, si je vais là bas, au delà de l’équipe géniale, c’est aussi car tous les autres ont refusé. J’ai quand même presque 1 h de route jusqu’à l’hôpital ….

  • Y-a-t-il une préparation en amont particulière avec les Parents ?

Oui, oui et oui. Déjà, je ne fais pas ça pour n’importe qui. Le feeling est primordial. J’attends également d’eux qu’ils aient un réel projet de naissance, notamment un accouchement sans péridurale. Alors, oui on ne sait pas comment ça va finir, mais sur le principe, je préfère qu’il y ait de l’action. Foncièrement, j’agis avec eux un peu comme si j’étais enceinte, je prends des nouvelles, je reçois les échographies, je me tiens au courant, c’est primordial. Le jour J, c’est une copine qui est là, pas une prestataire.

  • Dans quel état d’esprit y vas-tu ?

Excitée … C’est magique ce que l’on va vivre, alors j’ai hâte, hâte de raconter une nouvelle histoire !

  • Comment ça se passe si tu te déplaces pour une fausse alerte ou que le travail est bien plus long que prévu ?

Eh bien, ça fait partie du jeu, je reste, je dors, je rentre chez moi … Ce n’est pas important, l’important c’est le résultat. Peu importe le temps que cela prend. Après j’ai de la chance car justement sans péridurale, en général c’est quand même moins long.

  • Pendant l’accouchement comment t’adaptes-tu avec les sage-femmes ?

Cela se fait naturellement, je n’ai pas réellement besoin d’en parler avec elles, je fais avec ce que j’ai … Je n’interfère pas, je m’adapte.

  • A quel moment choisi-tu de partir ?

Je pars une fois que les soins de bébé ont été fait et parfois après le retour en chambre. Cela dépend.

  • Question plus pratique, quelle est ton optique préférée pour ce type de séance ?

Je shoote au 50mm, Certaines fois, c’est un peu court mais tant pis. Le maître mot c’est l’adaptation. Dans tous les cas, je ne perdrais pas de temps à changer d’optique.

  • Ta meilleure anecdote ?

Chaque accouchement est différent. Alors des anecdotes, j’en ai plein, même si j’en ai pas fait tant que cela. Un des plus beaux moments je pense a été lors de l’accouchement d’Audrey. Je suis arrivée in extremis, quasi au moment de la poussée. Je n’ai pas pu rentrer en communication avec elle, elle était déjà dans sa bulle. Quand Eden est arrivé, elle m’a regardé et s’est excusée de ne pas m’avoir dit « Bonjour ». On s’est regardées et on a fondu en larmes. D’ailleurs je crois ne jamais l’avoir croisé sans pleurer.

  • Un moment difficile ?

Quand on est une femme et qu’on a accouché, on ne sait pas ce que c’est d’être spectateur et ce n’est pas simple de voir quelqu’un souffrir. Le pire pour moi a été de voir ma meilleure amie souffrir pendant les contractions. J’ai tellement pleuré à ce moment là que ça a été très compliqué. Je ne voulais pas qu’elle voit que je m’inquiétais.

  • Est-ce que depuis que tu réalises des reportages d’accouchement, cela a eu un impact sur ta façon de travailler ?

Un impact ? Non. ça a juste renforcé ce que je pensais déjà. Je suis proche des gens, c’est comme ça. J’aime documenter la vie et entrer dans l’intimité pour faire ressortir ce qu’il y a de beau en eux. La photographie d’accouchement me permet de faire cela à 1000% .

  • Et pour finir, as-tu de nouveaux futurs projets ?

Mon gros projet c’était celui là, après dans l’idée, j’aimerais photographier une césarienne pour arriver à dédramatiser la chose. On a souvent l’impression qu’avoir une césarienne ce n’est pas accoucher et j’aimerais vraiment montrer ça sous un autre angle. wait and see ….

Si vous voulez en voir plus, retrouvez le dernier reportage d’accouchement de Marie par ici

=> La naissance de Caleb

Retrouvez toutes les infos et le travail de Marie sur son site internet:

 

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *